Généalogie du projet
Ce catalogue raisonné est une longue histoire de famille, et d’un matriarcat. La fille unique de Paul Signac, Ginette Signac-Cachin (1913-1980), témoin direct de la vie de l’artiste et peintre elle-même, fut jusqu’à sa mort la responsable de sa mémoire et de son œuvre constituée. Cet œuvre était multiple : Signac n’était pas seulement peintre, mais aussi historien d’art, collectionneur et président du salon des Indépendants pendant près de trente ans (1908-1934). De santé fragile, occupée par sa propre carrière d’artiste, elle consacra néanmoins une large partie de son existence à l’expertise de l’oeuvre de son père et à sa reconnaissance.
Co-commissaire de la rétrospective du centenaire de sa naissance, au Louvre de 1963, elle fut surtout une défenseure acharnée de la postérité du mouvement néo-impressionniste. Dans la lignée de son père, grâce à qui le Cirque(1891) est aujourd’hui le seul chef-d’œuvre de Georges Seurat conservé en France, elle décida à plusieurs reprises d’offrir à l’Etat un nombre important d’œuvres de Signac, de Seurat, de Maximilien Luce, de Theo Van Rysselberghe et d’Henri-Edmond Cross, réparties aujourd’hui entre le Musée d’Orsay, le musée de la Marine, le cabinet des arts graphiques du Louvre et le musée de l’Annonciade à Saint-Tropez


Ginette Signac Cachin (1913-1980)
Dans la lignée de son père, grâce à qui le Cirque (1891) est aujourd’hui le seul chef-d’œuvre de Georges Seurat conservé en France, elle décida à plusieurs reprises d’offrir à l’Etat un nombre important d’œuvres de Signac, de Seurat, de Maximilien Luce, de TheoVan Rysselberghe et d’Henri-Edmond Cross, réparties aujourd’hui entre le Musée d’Orsay, le musée de la Marine, le cabinet des arts graphiques du Louvre et le musée de l’Annonciade à Saint-Tropez.

Françoise Cachin
Elle fit promettre à sa fille unique, Francoise Cachin (1936-2011) de mener à bien le catalogue raisonné de Signac. En parallèle d’une carrière bien remplie (conservateur au MAM, puis au Centre Pompidou, musées, direction du musée d’Orsay puis des musées de France et auteur de nombreux ouvrages sur Manet, Gauguin et Seurat) celle-ci tint parole. Signac n’étant tombé dans le domaine public qu’en 2005, c’est grâce aux revenus des droits de suite qu’elle finança ces vingt années de recherches pour le catalogue raisonné, avec l’aide constante de Marina Ferretti-Bocquillon.

Charlotte Cachin
La fille unique de Françoise Cachin, Charlotte Cachin, aujourd’hui responsable des archives Signac, auteur de nombreux essais sur Signac etc publié en 2021 le Journal inédit de son aieul ( Gallimard) avant de se lancer dans le projet de numérisation du catalogue raisonné.

Berthe Signac
Rappelons enfin ici le rôle de celle qui, la première, se sépara d’œuvres au profit du futur musée de l’Annonciade, projeté des avant-guerre par Georges Grammont : Berthe Signac (1862-1942) épouse du peintre et fidèle «gardienne du temple» qui rendit toute cette histoire possible.
Du premier cahier au catalogue numérique
Signac lui-même a facilité la mise en route de ce travail par son goût de l’ordre, son sens de la méthode et le soin qu’il eut à cons erver ses archives, restées presque intactes aujourd’hui, saufs quelques disparitions dues à des vols ou des transports pendant la dernière guerre.
Trois documents essentiel sont permis d’établir le premier catalogue raisonné, et continuent toujours de renseigner les chercheurs : le cahier d’opus, le cahier manuscrit et le pré-catalogue. Le cahier d’opus, entrepris en 1887 par l’artiste, se présentait comme une liste de ses œuvres par ordre chronologique et dotées d'un numéro d'opus.
On y trouve aussi l’indication éventuelle d’un collectionneur ou parfois d’une exposition.
A partir de 1902, Paul Signac renonça à tenir son cahier d’opus et commença le cahier manuscrit dans les quelles œuvres sont classées par année, sans numéro d’opus, qui reprend et complète les indications du précédent cahier. Vers 1929, Gaston Lévy, collectionneur et mécène de Signac, décida d’entreprendre le pré-catalogue avec l’aide de l’artiste.
Ce document en trois volumes est une préfiguration du catalogue raisonné. La plupart des œuvres y sont recensées avec leurs dimensions, leur date, parfois un début d’historique, et dans presque tous les cas une photographie.
Ce pré-catalogue s’arrête en 1932. En 2000, le catalogue raisonné publié aux éditions Gallimard partait des informations fournies par ces documents dont il suivait la chronologie et les titres, qui servirent de point de départ à vingt ans de recherches. A l’exception d’un riche cahier en couleurs de 60 pages au début de l’ouvrage, les 611 œuvres alors connues y étaient reproduites en noir et blanc. La méthode rigoureuse utilisée pour cette publication constitue la base et le squelette de ce catalogue numérique.





